L’Odyssée de Salamandre de Joffrey Lebourg : un roman entre prise de conscience écologique et saga de fantasy épique

Joffrey Lebourg nous livre ici le premier tome de ses Chroniques du Nouveau-Monde aux éditions « Des auteurs, des livres », intitulé L’Odyssée de Salamandre. Ce roman est évidemment une introduction à une saga de fantasy et plante donc le cadre d’une longue narration. Nous sommes dans un monde post-apocalyptique, dans les années 2050, après que les Dieux ont éradiqué 90 % de la population mondiale car elle fut incapable de mettre fin aux bouleversements climatiques. Le « Plan S » qui visait à sauvegarder et à protéger la nature a été un échec et donc les Dieux ont façonné un nouveau monde sur l’ancien.

Désormais, les pays que nous connaissons n’existent plus, les Dieux ont formé dix nouveaux empires et la surface de la Terre est aussi remplie de zones inhabitables. Les sociétés sont revenues à un âge davantage primitif, et c’est notamment le cas pour l’Empire Celtique, le point de départ du roman. Salamandre est une Celte, une adolescente, rousse, courageuse, combattive, mais contrairement à des humains normaux, elle a une particularité, elle est une « élue », une « parfaite », qui possède des pouvoirs magiques et des aptitudes que d’autres n’ont pas. Elle se voit dès lors confiée une mission par sa gardienne : rejoindre Cape Town et rentrer dans le Temple. Afin de faire ses preuves, elle va devoir traverser cinq empires et voyager par ses propres moyens.

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Ainsi, Joffrey Lebourg nous livre ici les prémisses d’une grande épopée, le premier épisode de l’odyssée de cette héroïne, qui doit à son jeune âge quitter l’Empire Celtique en bateau, rejoindre l’Empire Nord Sauvage puis l’Empire Doré, ensuite l’Empire Oriental en avion et accéder à sa destination finale, le Grand Empire en Afrique du Sud à vol de dragon. Pour ce faire, elle va  combattre des créatures sauvages, des ennemis hostiles, des magiciens, des sorciers, des truands, mais elle va aussi se faire des amis, des compagnons de route, qui devront l’aider à se sortir de situations périlleuses.

Salamandre parvient à faire de sa jeunesse et de son caractère de courageuse et d’avenante un atout essentiel. Elle parvient à détecter la nature véritable des êtres humains, mais aussi des animaux et des créatures qui peuplent le monde. Son don est remarqué par les personnes qu’elle croise et qui l’aident dans sa quête. De ce fait, l’auteur nous dresse une odyssée pleine de solidarité, de fraternité, de sororité et de générosité. Il met en avant ce qui fait communauté au sein des sociétés humaines, à savoir des valeurs fondamentales. Malgré les différences culturelles et linguistiques, c’est le bien qui anime toutes ces personnes.

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Joffrey Lebourg raconte donc une odyssée homérique dans un cadre de fantasy. Des nains, des elfes, des sirènes, des dragons, des samouraïs, des sorciers, des magiciens, des druides, des gardiens, des dieux, des truands, des marchands, des artisans, tous ces peuples aussi différents, toutes ces catégories de personnes se rencontrent et se confrontent sur toute la surface du globe. En quelques pages, l’auteur parvient à nous faire voyager sur cinq continents, à nous faire découvrir des us et coutumes très différentes, à développer des caractères crédibles et intéressants tout en livrant une quête initiatique et épique passionnante.

L’intérêt pour ce livre porte donc à la fois sur le récit d’apprentissage de Salamandre, sur ses aventures passionnantes et trépidantes, que sur l’apport culturel, pédagogique et didactique de toutes ces cultures régionales. Nous apprenons des dizaines de choses en lisant ce roman : comment la géographie ou la gastronomie asiatiques sont perçues et utilisées, comment les Américains s’adaptent au climat aride de leur région, mais aussi comment les sociétés s’organisent au sein des villages dans l’Empire Celte. Il y a presque un caractère encyclopédique à ce roman puisque Joffrey Lebourg liste des façons de faire, de vivre, d’habiter le monde, des façons de faire communauté, de s’habiller, de boire, de manger, de décorer, et bien plus encore.

L’originalité de ce roman réside également dans la présence de QR codes. Cela permet notamment de donner une dimension multimodale à ce roman : il devient visuel et même auditif en plus d’être graphique. L’auteur a ajouté sa voix dans trois QR codes (sur la couverture, la première et la dernière page) et des images pour illustrer les descriptions. Cela permet de grandement dynamiser le roman pour constater si l’environnement que l’on s’imaginait est conforme à ce que voulait décrire l’auteur. Par ailleurs, entendre la voix de Joffrey Lebourg permet de donner vie à ce roman et d’attiser notre curiosité.

L’Odyssée de Salamandre est donc un très bon roman d’apprentissage dans un cadre de fantasy épique. Ce grand voyage à la fois haletant et passionnant nous entraîne sur tous les continents du monde tout en nous faisant prendre conscience des risques de bouleversement de nos écosystèmes si les Humains n’agissent pas pour sauvegarder la planète.

Le site de la saga : https://chroniquesdunouveaumonde.fr/

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