Oubliez l’image traditionnelle de la star qui s’étale dans les tabloïds. Sade, figure de proue du groupe éponyme, a toujours refusé la lumière facile. Derrière sa voix feutrée, cette artiste a bâti une légende discrète, marquée par des choix radicaux. Mais un événement méconnu a bouleversé sa trajectoire et signé la fin définitive de sa vie jamaïcaine.
Le virage jamaïcain après un mariage tourmenté
Née en Angleterre, Sade s’unit en 1989 à Carlos Pliego, écrivain et réalisateur espagnol. Direction Madrid, mais leur histoire ne résiste pas à l’épreuve du temps. Leur relation oscille entre complicité et tensions, pour finalement s’achever alors que Sade travaille sur l’album « Love Deluxe » avec son groupe. Londres la rappelle, la création aussi, mais le répit sera bref.
En 1992, une nouvelle rencontre va tout bousculer. Avec Bob Morgan, producteur jamaïcain, les liens professionnels deviennent rapidement personnels. Elle fait alors le choix radical de le suivre sur son île natale. Sur place, leur enfant voit le jour en 1996. Tout semblait réuni pour un nouveau départ loin des projecteurs et du bruit de l’Europe.
L’arrestation qui a tout fait basculer
Montego Bay, 1997. Ce jour-là, l’histoire prend un tour inattendu : Sade est arrêtée par la police locale, accusée de ne pas avoir respecté un contrôle routier. L’incident s’achève au poste, avec des accusations de conduite dangereuse et d’injures à un agent.
L’affaire enfle rapidement. Résidant alors à Ocho Ríos, Sade quitte précipitamment l’île, laissant derrière elle souvenirs et procédure judiciaire en cours. L’année suivante, la justice jamaïcaine émet un mandat à son encontre pour non-présentation. La chanteuse livre une version bien différente de ce qui s’est déroulé : il ne s’agirait pas seulement d’un épisode de vitesse au volant, mais d’une manœuvre d’extorsion venant des forces de l’ordre. Décontenancée, elle déclare qu’elle ne mettra plus jamais les pieds en Jamaïque tant que ce contentieux ne sera pas résolu. Le mandat ne sera levé qu’en 2002. Mais à ce stade, le choix est acté : Sade tourne définitivement la page de cette parenthèse jamaïcaine.
Un nouvel ancrage dans la campagne anglaise
Après son départ précipité de la Jamaïque, c’est la campagne anglaise qui offre à Sade un nouveau refuge. Elle s’établit dans une ferme près de Stroud, dans le Gloucestershire, entourée de son compagnon Ian Watts, de proches et d’un chien fidèle. Le calme contraste avec la vie agitée qu’elle a laissée derrière elle. Selon la presse britannique, le confinement aura rapproché toute la famille : mère, beau-père, filleule et compagne partagent alors le même toit.
Côté musique, le silence du groupe perdure et l’attente des fans s’étire. Dix ans sans nouvel album. Pourtant, la sortie d’un coffret remastérisé réunissant six albums permet de redécouvrir l’étendue sonore inimitable du groupe. La création collective reprend doucement à domicile, là où les membres historiques retrouvent l’inspiration au gré des sessions entre amis.
Récemment, l’idée d’une tournée resurgit, incertaine, suspendue à l’état du monde. Les mordus de soul et de pop sophistiquée attendent le retour de Sade sur scène, avec à la clé un soupçon d’espoir : l’histoire jamaïcaine appartient au passé, mais les prochains chapitres, eux, restent à inventer. Qui pourrait vraiment prédire où s’arrêtera sa route ?

