La cryptomonnaie: le dernier pont entre la Russie et l’extérieur

C’est connu : les 27 pays de l’Union Européenne veulent asphyxier la Russie aussi bien dans le monde réel que dans le monde virtuel.  Si les sanctions économiques sont assez efficaces jusqu’ici, force est-il de constater qu’il se pourrait bien que les Russes contournent cette sanction. 

Il pleut des sanctions en Russie

Dès les premières bombes en Ukraine, les sanctions tombent une à une et même par lots pour le peuple Russe. Les actifs des oligarques et ceux de Vladimir Poutine lui-même sont gelés. Les transactions avec la Banque centrale de Biélorussie sont interdites. La Russie se fait expulser du système SWIFT : une infrastructure de messagerie financière la plus utilisée dans le monde. Visa et Mastercard : les géants mondiaux des cartes bancaires ont aussi apporté leur part. Toutes les opérations en Russie sont suspendues. L’ampleur des sanctions est telle que la Russie est fortement affaiblie avec toute son économie.  La Banque Centrale est dans un étouffement progressif, d’après les dires d’Elie Cohen. 

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La cryptomonnaie, contournement des sanctions ?

Depuis le début du mois de mars, les achats de cryptomonnaies en rouble s’enflamment. Bloqués ici et là, le peuple russe est condamné à acheter les cryptomonnaies. L’achat de ces derniers a battu son record. Le 24 février, les achats de bitcoins ont atteint les 1,5 milliards de roubles soit environ 20 millions d’euros ce jour-là. Le moins qu’on puisse dire c’est que la guerre en Ukraine fait naître l’espoir dans les adeptes des cryptomonnaies. “Dès qu’il y a une chute des marchés, il y a une chute sur la crypto. Mais là, pour la première fois, il y a une remontée significative.” 

Pourtant, le 09 mars, l’UE a déclaré que les restrictions concernent également les cryptomonnaies. Si les occidentaux craignent que les Russes puissent contourner les sanctions avec l’usage des cryptomonnaies, Jake Chervinsky n’est pas du même avis. Les besoins financiers de la Russie dépassent largement la capacité des marchés crypto qui sont “trop petits, trop coûteux et trop transparents pour être utiles à l’économie russe.” 

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Les géants des plateformes s’y mettent, ou pas

C’est Coinbase qui commence les premiers pas malgré sa situation apolitique. La plateforme bloque 25 000 comptes russes en soulignant que les détenteurs de ces comptes auraient utilisé les cryptomonnaies pour des activités illégales.  En d’autres termes, Coinbase ne veut surtout pas être mêlé au contournement des sanctions économiques occidentales. 

De son côté, Binance, l’autre géant des plateformes d’échanges numériques, est réticent au fait de suspendre tout compte russe. “Décider de manière unilatérale d’interdire à des gens d’accéder à leur compte, c’est tout le contraire de l’esprit des cryptomonnaies”, a déclaré Binance sur CNBC. Pour eux c’est clair, ils ne vont pas participer à contourner les sanctions posées par les occidentaux mais il leur est hors de question de bloquer l’accès à tous les Russes. 

Jesse Powell, le PDG de Kraken s’oppose lui aussi à cette décision. Malgré la demande de l’Ukraine à bloquer toutes les plateformes russes, Binance, Kraken, LocalBitcoins et d’autres plateformes refusent de suspendre les “utilisateurs innocents”.

Les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne ne resteront pourtant pas sans rien faire face à tout ce refus. Des décrets sont déjà annoncés afin de “contrôler de près” les plateformes qui permettent aux oligarques russes d’avoir des comptes chez elles. Ces plateformes sont sujettes à des amendes très amères. 

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