La théorie voudrait que l’on attende la dernière minute pour exercer une option américaine. Pourtant, la bourse n’a jamais suivi le rythme des manuels. Les options, ce n’est pas du binaire, c’est du vécu : put, call, droits, obligations, tout s’entremêle. Alors, pour saisir vraiment ce que permet une option américaine, il faut plonger dans la mécanique concrète, là où chaque détail compte.
Avant de décortiquer les différences entre le put et le call, posons d’abord les bases. Deux mots à retenir : le put, c’est la vente ; le call, c’est l’achat. Mais au-delà de ces définitions, ce sont surtout les notions de droit et d’obligation qui changent la donne. Selon que vous soyez acheteur ou vendeur, le rapport de force n’est pas le même, et ça, la pratique le montre vite.
Comprendre la différence entre Put et Call
Un call accorde à son détenteur le droit d’acheter le sous-jacent, ni plus ni moins. Un put, à l’inverse, donne le droit de vendre ce même sous-jacent. Mais attention : du côté du vendeur d’option, tout change. L’obligation d’acheter ou de vendre ne s’active que si l’acheteur décide d’exercer son droit. Jusqu’au dernier moment, l’incertitude règne.
Deux, trois repères sur les paramètres du put et du call
Nom d’une option
Pour bien lire une option, il suffit de repérer le code synthétique. Un exemple : « Put ALO 20 JUN2014 », c’est un put sur l’action Alstom, prix d’exercice 20€, expiration le 20 juin 2014. Un contrat concerne généralement 100 titres, sauf mention contraire. La prime, elle, complète le tableau pour comprendre l’engagement financier.
Date d’expiration de l’option
Les options expirent le plus souvent le troisième vendredi du mois. Si vous voyez « ÉCHÉANCE MARS 2014 », traduisez : expiration le 21 mars 2014 après la clôture. Certains actifs très liquides, comme Apple ou le S&P 500, proposent aussi des échéances hebdomadaires, chaque vendredi, une nouvelle échéance tombe.
Des cas pratiques pour illustrer put et call
Exemple d’un call
8 octobre 2012. L’action Air Liquide s’échange à 96€. Un investisseur (A) décide d’acheter un call AI NOV2012 94 C pour 4€. Il paie donc 400€, l’autre partie (V) encaisse cette prime. Jusqu’à l’échéance du 16 novembre, A a le droit d’acheter 100 actions Air Liquide à 94€. Si, le jour J, le titre dépasse 94€, A exerce son droit et achète pour 9 400€. V doit vendre, quitte à devoir emprunter les titres. Pour que l’opération soit rentable pour A, le cours doit franchir 98€ (94€ + 4€ de prime). En dessous, la prime n’est pas récupérée. Pour V, la perte démarre au-delà de 98€.
Exemple d’un put
Reprenons le 8 octobre 2012. Air Liquide vaut toujours 96€. Un investisseur (A1) détient 100 titres et souhaite se protéger d’une baisse sans renoncer à une éventuelle hausse. Il achète un put AI NOV2012 96 P pour 3€, soit 300€ de prime, à un vendeur (V1). Jusqu’au 16 novembre, A1 a la possibilité de vendre 100 titres à 96€. Si le cours reste au-dessus de 96€, l’option s’éteint sans valeur : V1 garde la prime, A1 a simplement payé pour sa protection. Si le titre passe sous 96€, A1 exerce son droit, vend à 96€ et, prime incluse, réalise une vente effective à 93€. V1 achète les titres à 96€, mais sa dépense réelle s’élève à 93€ grâce à la prime encaissée.
Si ces mécanismes vous semblent complexes, rassurez-vous : l’habitude vient vite. Le raisonnement par l’option finit par devenir automatique. Plus vous manipulez ces scénarios, plus les automatismes s’installent.
Démystifier les options : ce que ce tutoriel veut éclaircir
Pourquoi les options souffrent-elles d’une réputation sulfureuse ? La terminologie, d’abord, rebute : « contrat », « prime », « expiration », « prix d’exercice », autant de mots qui semblent réservés aux initiés. Ensuite, les histoires de pertes spectaculaires entretiennent la peur. Pourtant, l’opacité est aussi entretenue par certains acteurs du secteur, qui profitent de cette complexité apparente.
Pourtant, une fois les bases comprises, les options ne sont pas réservées aux professionnels de la finance. Le marché des options se négocie à la vue de tous, via un courtier, tout comme une action classique. Le prix d’une option varie en fonction du marché, au rythme des hausses et des baisses.
Les différences avec une action ? Quand vous achetez une action, vous acquérez une part de l’entreprise, avec tous les droits associés. Revendre, c’est abandonner cette part. Une option, elle, vous donne un droit pour une durée déterminée, pas une part d’entreprise. Le prix payé à l’achat s’appelle la prime, et chaque contrat d’option porte sur 100 actions. Ce contrat vous permet :
- d’acheter 100 actions à un prix fixé à l’avance
- ou de vendre 100 actions à ce même prix fixé
Ce prix de référence porte le nom de « prix d’exercice ». Mais ce droit n’est pas éternel : chaque contrat s’arrête à une date précise, la fameuse « date d’expiration ». Si vous ne l’exercez pas avant, il disparaît purement et simplement.
Pour ceux qui veulent approfondir, un tutoriel complet en version PDF est disponible via le club zenoption, accessible gratuitement. Toutes les stratégies de base y sont détaillées.
Deux grandes familles d’options se distinguent : l’option de vente, ou put, et l’option d’achat, ou call. L’acheteur d’un put peut vendre 100 actions au prix d’exercice, celui d’un call peut en acheter 100 à ce même prix. Le vendeur, à l’inverse, se tient prêt à remplir son engagement si l’acheteur en fait la demande.
Les options, version concrète
Un bon tutoriel se juge à la clarté des exemples. Imaginons : vous possédez 100 actions Ford (symbole : F sur le NYSE), le titre cote 15$ en juillet.
Acheter un put : l’assurance contre la chute
Vous craignez une baisse, mais vous souhaitez garder les actions, au cas où elles s’envolent. Acheter un put Ford à prix d’exercice 15$, expiration octobre, vous garantit de pouvoir vendre vos titres à 15$, quoi qu’il arrive d’ici fin octobre. Si cette option vaut 1$, le contrat coûte 100$. Pour 100$, vous obtenez la certitude de pouvoir sortir à 15$, même si le titre s’effondre. Si Ford descend à 1$, peu importe : le courtier exécute l’ordre, vous vendez à 15$.
À l’inverse, si l’action ne passe jamais sous 15$, vous n’utiliserez pas l’option. Pourquoi vendre à 15$ si le marché paie 17$ ? Dans ce cas, au moment de l’expiration, l’option s’éteint, la prime de 100$ reste acquise au vendeur.
Regardez l’option comme une assurance : vous payez une prime, et si la catastrophe n’arrive pas, la prime est perdue. Le vendeur, lui, encaisse cette somme en échange du risque pris.
Acheter un call : miser sur la hausse, sans s’exposer
Là, on inverse la logique. Vous souhaitez acquérir des actions AT&T (symbole : T sur NYSE), cotées 30$ en juillet. Vous espérez une hausse, mais le marché est incertain. Plutôt qu’acheter tout de suite, vous optez pour un call AT&T à 30$, échéance octobre, vendu 1$ l’action, soit 100$ l’option. En échange de cette prime, vous pouvez acheter 100 actions à 30$ jusqu’à la fin octobre.
Si en octobre, le titre cote 33$, exercer l’option permet d’acheter à 30$, revendre à 33$, soit 300$ de plus-value. Retirez la prime payée, le gain net ressort à 200$. Si le titre ne dépasse jamais 30$, l’option expire sans valeur, la prime est perdue. Ce coût est le prix de la « sécurité » achetée, mais sans remboursement si le scénario ne se réalise pas.
Encore une fois, l’option agit comme une couverture : vous avez payé pour sécuriser un prix d’achat, mais si le marché ne bouge pas dans le bon sens, la prime est perdue. La plupart du temps, pourtant, les investisseurs ne cherchent pas à se couvrir, mais à spéculer sur la volatilité des prix. Les options changent de valeur comme les actions, et beaucoup espèrent simplement les revendre plus cher, sans jamais posséder le sous-jacent.
Pour finir, un mot sur l’apprentissage
Si ces mécanismes vous paraissent encore flous, rien d’anormal : la maîtrise vient avec la pratique. À mesure que vous avancerez dans les modules de formation, ces raisonnements deviendront familiers. Et il n’est pas nécessaire de connaître chaque subtilité pour appliquer des stratégies efficaces, comme la méthode zenoption.

