Recharger facilement internet sur un forfait bloqué Orange

Si vous êtes un habitué des forfaits bon marché, vous avez peut-être déjà entendu parler de Syma Mobile, cet opérateur virtuel aux prix imbattables. Mais est-ce vraiment une bonne affaire ?

Chaque année, le marché des opérateurs mobiles virtuels s’étoffe. Les nouveaux venus se bousculent, tous prêts à séduire une clientèle en quête d’offres alléchantes. Leur arme : des tarifs défiant toute concurrence, affichés en grand sur des publicités qui surgissent au détour d’un métro ou d’un abribus. Syma Mobile ne fait pas exception. L’enseigne, encore discrète il y a peu, mise tout sur des forfaits 4G et 5G à prix cassés, de 1 à 150 Go. Mais derrière ces promesses, les retours d’utilisateurs laissent planer le doute. Après avoir lu de nombreux avis peu flatteurs, nous avons voulu tester Syma Mobile, sans filtre. Verdict : voici ce que nous avons vécu.

Trouvez tous les forfaits Syma Mobile Qui est Syma Mobile ?

Syma n’a pas inventé la formule du forfait à petit prix, mais elle s’est taillé une place dans le paysage. Au départ, en 2005, Syma s’appelait Symacom et vendait surtout des cartes d’appel prépayées, rechargeables directement sur internet. L’idée était simple : permettre à chacun de téléphoner partout, facilement, parfois même depuis une ligne fixe. Ce n’est qu’en 2015 que la branche mobile Syma voit le jour, avec un statut de MVNO : elle n’a pas de réseau propre, mais s’appuie sur ceux de géants comme Orange, puis SFR, pour distribuer ses offres. Cette position permet à Syma Mobile d’afficher des prix bas, sans rogner sur la couverture réseau. D’abord 100 % en ligne, l’opérateur a récemment ouvert des boutiques physiques, surtout dans les grandes villes françaises, même si l’abonnement sur internet reste le réflexe le plus courant.

Forfaits : le rapport de prix (le plus vraiment) imbattable

Syma revoit régulièrement ses offres, mais reste fidèle à un principe : proposer des forfaits pour chaque profil, chaque budget, chaque besoin. D’abord trois formules, aujourd’hui cinq, de 1 à 150 Go, dont une en 5G. Sur le papier, les tarifs paraissent imbattables. Pourtant, Syma a changé sa politique, adoptant le schéma désormais classique : un tarif d’appel la première année, puis une hausse automatique. Ce virage tranche avec le ton de départ, et laisse perplexe sur la stratégie réelle de la marque. Pour situer les choses, voici comment les prix se répartissent à l’instant où nous écrivons ces lignes :

    Voici les différences notables à surveiller :

  • Les prix affichés peuvent évoluer, comme le mentionnent les conditions générales. Syma doit cependant prévenir un mois avant tout changement.
  • Face à Auchan Telecom, NRJ Mobile ou Cdiscount, Syma tient la route, parfois mieux, surtout sans avoir recours à des promotions temporaires.
  • Le roaming reste perfectible : sur le forfait 100 Go, seuls 6 Go sont valides à l’étranger, là où certains concurrents vont jusqu’à 13 ou 15 Go.

Enregistrement déroutant, mais plateforme client efficace

Pour ce test, j’ai choisi l’option la plus simple : souscrire directement sur le site Syma Mobile. L’opérateur compte cinq boutiques, surtout à Paris, mais la majorité des clients passent encore par le web. Le site va droit au but : deux forfaits sont mis en avant, probablement les plus demandés. De mon côté, j’ai ouvert une nouvelle ligne, sans portabilité. Le parcours d’abonnement est sans surprise, si ce n’est la demande d’un numéro d’identification, un détail plutôt inhabituel. Une fois le paiement effectué, un message confirme la transaction… puis plus rien. Il a fallu patienter une bonne demi-heure avant de recevoir le mail de confirmation et le contrat d’abonnement. La carte SIM, elle, a mis entre quatre et six jours ouvrés pour arriver, comme annoncé dans le mail.

Attention, l’activation n’est pas automatique. Il faut envoyer un SMS à un numéro spécifique, entrer le numéro de série de la carte SIM et le code reçu par mail. Ce n’est pas compliqué, mais ça déroute quand on a pris l’habitude de simplement insérer la carte et de surfer aussitôt.

J’ai ensuite testé l’espace client « My Syma ». Bonne surprise : l’interface est aussi complète que celle de Free, accessible sur ordinateur comme sur mobile (application Android ou iOS). On y retrouve toutes les factures, la consommation en temps réel, et même la possibilité de transférer du crédit à d’autres clients Syma. L’ergonomie est au rendez-vous, que ce soit sur le web ou sur l’application.

Le réseau : la différence entre la communication et les données

En creusant dans les forfaits Syma, un détail saute aux yeux : l’opérateur donne très peu d’indications sur le réseau utilisé. Il faut aller voir dans les petites lignes : Syma s’appuie sur deux supports différents : la data 4G/5G est gérée par SFR, tandis que la voix et les communications 2G/3G passent par Orange.

    Voici ce que cela implique concrètement :

  • Pour la connexion internet, rien à redire : la couverture est solide, SFR couvrant la quasi-totalité du territoire en 4G.
  • Côté appels, le contraste est net. Tous mes essais ont donné une qualité digne des années 2000. Les appels semblent passer en mode commuté, probablement pour limiter les coûts. Résultat : voix métallique, parfois hachée.
  • Les SMS accusent des retards d’une à deux heures, et les MMS ne passent tout simplement pas. Impossible d’envoyer une photo, même après plusieurs tentatives.

Service client pour les abonnés absents

On accuse souvent SFR, Free ou Bouygues Telecom d’avoir un service client défaillant. Syma ne fait guère mieux. Comme beaucoup de MVNO, l’opérateur semble avoir coupé dans ce poste. Mon premier contact remonte à la commande : sans nouvelle après plusieurs heures, j’ai tenté de joindre le service client pour savoir où en était ma SIM. Le mail reste sans réponse.

Deuxième tentative : l’assistance téléphonique, via le 243 depuis une ligne Syma. La boîte vocale annonce la couleur : « tous nos conseillers sont occupés ». Après une bonne dose de musique d’attente, la messagerie finit par m’indiquer que mon appel ne sera pas pris. J’ai réessayé, plusieurs fois, même résultat. Dernier espoir : le mail. Là encore, réponse automatique, qui me renvoie vers… le téléphone. Pour résilier, même combat : aucun retour malgré plusieurs relances. Le service client, pour l’instant, brille surtout par son absence. On comprend vite où les économies ont été faites.

Alors, Syma, est-ce que je pars ou pas ?

Les MVNO ont ce talent de casser les prix, laissant les opérateurs historiques loin derrière. Si votre objectif est de payer le moins cher possible, Syma mérite un détour, mais à condition de savoir à quoi s’attendre. La partie data, gérée par SFR, s’en sort bien et rivalise avec la concurrence. Pour les appels et les SMS, c’est une autre histoire : communication médiocre, messages qui prennent leur temps ou se perdent en route, MMS aux abonnés absents. L’assistance, elle aussi, reste désespérément silencieuse, ce qui peut vite tourner à la frustration.

L’expérience Syma Mobile laisse donc un goût mitigé. À ce stade, difficile de recommander l’opérateur, d’autant plus avec ses nouveaux tarifs qui rendent l’offre moins attrayante. Les MVNO ont leur place, mais Syma doit encore régler ses problèmes de qualité réseau et de support pour espérer convaincre durablement.

Du côté de Syma, la riposte ne tarde pas. Le 31 octobre 2021, le comparateur FRANDROID a publié un article détaillé sur l’opérateur et ses offres. Syma s’est empressé d’y répondre, détaillant ses récentes évolutions. Depuis début 2021, pour fournir la 5G, l’entreprise a pris le contrôle complet de son réseau central et ajouté SFR à côté d’Orange comme partenaire MNO. Ce chantier technique a demandé de nouveaux accords et de nombreux tests avec les différents opérateurs pour garantir les services de base (voix, data, SMS, roaming). Après validation par le GIE EGP, les connexions sont entrées en service le 7 juillet 2021. Malgré tout, quelques dysfonctionnements sont apparus, notamment pour le routage de certains SMS envoyés par des agrégateurs externes. Chaque incident signalé a été traité progressivement. Aujourd’hui, Syma affirme que tous les services fonctionnent et que la qualité s’améliore semaine après semaine.

La phase de transition a généré un afflux de demandes au service client, qui a, selon l’opérateur, renforcé ses équipes pour répondre sur des plages horaires étendues, y compris le week-end. Tous les dossiers clients ayant rencontré des difficultés ont été traités individuellement, assure Syma, et la situation serait désormais revenue à la normale. Reste que cette période a laissé des traces, et l’opérateur reconnaît que son image s’en est ressentie. Il mise désormais sur la qualité retrouvée de ses offres pour regagner la confiance, parlant d’une « crise de croissance » derrière lui.

Le secteur des télécoms ne pardonne pas l’à-peu-près. Seuls ceux qui conjuguent prix bas, fiabilité et réactivité peuvent espérer s’imposer. Le pari de Syma ? Rattraper le retard, et convaincre, non plus avec des promesses, mais par l’expérience réelle de ses clients. Reste à voir si, demain, le bouche-à-oreille tournera enfin à son avantage…