Le golf réduit le stress et améliore la santé mentale, selon un expert majeurUn psychologue de renom a défendu le rôle que le golf peut jouer dans la réduction du stress et la promotion d’une bonne santé mentale.
Comment un simple club et une balle blanche se retrouvent-ils au centre des discussions sur la santé mentale ? La statistique, pourtant, reste difficile à ignorer : chaque semaine, un adulte sur six fait face à un trouble psychique courant, d’après une grande enquête menée outre-Manche. Pour Jenny Roe, professeure en psychologie environnementale, le golf détient un atout rare : réunir activité physique, échanges sociaux et pleine nature. Une recette qui, à l’épreuve des faits, semble freiner les dépressions et alléger anxiétés.
De nombreux témoignages confirment cette dynamique. L’histoire de Sam Gerry, jeune Américain ayant connu des heures sombres durant son adolescence, rappelle à quel point prendre un club en main peut rallumer une lumière éteinte. Jenny Roe prend le temps d’analyser en détail pourquoi ce sport agit à la fois sur le moral et la santé physique.
Développer le jeu ensemble
Pour Jenny Roe, voir le golf comme un simple loisir, c’est passer à côté de l’essentiel : il permet de bénéficier régulièrement d’espaces verts, ressource devenue stratégique pour l’équilibre du corps et de l’esprit. « L’exercice à ciel ouvert, comparé à la salle, procure un mieux-être supérieur », souligne-t-elle. La nature stimule le corps comme l’esprit ; le système nerveux ralentit, la pression retombe. Rien ne rivalise avec le sentiment d’ancrage que procure le sol d’un parcours.
Jenny Roe met en avant une multitude de parcours de vie, gagnés sur la dépression par le retour au golf. L’exemple de Sam Gerry : après une adolescence marquée par la tentation du renoncement, il s’ancre de nouveau, trou après trou, et retrouve une stabilité qui lui avait échappé.
Les études des deux côtés de l’Atlantique illustrent l’ampleur du mal-être : jamais le besoin de décompression n’a été aussi manifeste. Selon la British Mental Health Foundation, en 2018, près des trois quarts des adultes interrogés déclaraient avoir été débordés par le stress, et près d’un sur dix se disait constamment sous tension. Aux États-Unis, selon les chiffres Gallup, les Américains sont à peine 17 % à se qualifier de rarement stressés. Les femmes signalent une pression encore plus nette (78 % d’entre elles contre 66 % des hommes).
Des recherches internationales ont identifié cinq leviers qui motivent les femmes à s’essayer au golf. Ces raisons font écho aux recommandations formulées par les autorités de santé britanniques et américaines, et recoupent exactement les observations du professeur Roe. Voici ce qui revient le plus souvent :
- Savourer le fait d’être dehors
- Ressentir une détente ou un soulagement du stress
- Relever un défi mental
- Partager un moment avec ses proches
- Se frotter à un défi physique
Les fédérations majeures du golf s’emparent du sujet en multipliant les initiatives, dont certaines semaines entières dédiées au duo golf et santé mentale, pour faire connaître ces bienfaits à grande échelle.
« Jouer au golf, c’est agir en profondeur sur sa santé mentale », insiste Jenny Roe. La nature facilite la récupération cognitive, abaisse la tension, ranime l’optimisme. L’état émotionnel s’améliore, la créativité s’aiguise, la souplesse mentale s’installe. Ce sont des forces qui transforment la partie et le quotidien.
On réduit souvent le golf à une distraction pour initiés, oubliant que cette pratique conjugue mouvement soutenu, air frais et interactions humaines. Les effets constatés dépassent la simple pause : ils touchent à l’espérance de vie. Selon une étude menée sur une cohorte de 300 000 personnes issues de tous horizons, jouer au golf prolonge la vie de cinq ans en moyenne, indépendamment de l’âge ou du statut social.
Aller au golf, c’est renouer avec la nature, multiplier les contacts et nourrir la vitalité. Les indécis trouveront ci-dessous cinq excellentes raisons de retenter l’expérience verte :
- Remettre son corps en mouvement : chaque partie déroule des kilomètres au cœur de la verdure et offre une aération incomparable.
- Exercer facultés cérébrales et concentration : sélection du club, gestion du mouvement, attention portée à chaque coup… tout le cerveau travaille.
- Brûler de l’énergie : une partie, c’est entre 7 et 8 km parcourus à pied, soit 300 à 500 calories dépensées chaque heure.
- Sculpter et renforcer son corps : le swing implique 69 muscles sollicités simultanément et 13 articulations mobilisées en deux secondes.
- Calmer l’esprit : ici pas de duel dramatique, mais un sport qui privilégie la convivialité et le partage au rythme de chacun.
Un effet protecteur sur le cerveau
Le golf, pratiqué régulièrement, agit comme une barrière naturelle contre le vieillissement du cerveau. Lire le terrain, anticiper, calculer la trajectoire, jauger le vent : chaque étape sollicite et entretient les fonctions cognitives les plus précieuses.
Des études comparatives montrent un avantage pour les zones cérébrales des golfeurs. Entretenir ce capital devient un enjeu de plus en plus déterminant à mesure que la population vieillit ; sous cet angle, le golf devient un allié pragmatique.
Le système musculo-squelettique, lui aussi, en sort renforcé. Bien sûr, tout le monde subit les lois de l’usure, les articulations faiblissent, les cartilages ternissent,, mais une activité adaptée comme le golf, couplée à une hygiène de jeu (échauffement, récupération), tend à ralentir ce déclin. Même en cas d’arthrose, l’immobilisme accentue le problème alors que la pratique douce, comme sur un parcours, maintient mobilité et tonus.
Au fil du temps, on gagne en souplesse. L’ancrage des appuis, la précision de la prise, la mobilisation des abdominaux et du dos pour accompagner la rotation exigent de soigner sa proprioception : autrement dit, la conscience du corps et du club dans l’espace.
Prévention et socialisation
Le golf joue un rôle précieux dans la prévention en matière de santé, notamment grâce à son aspect social. À la différence d’autres disciplines d’endurance, le cyclisme, par exemple,, le golf se pratique majoritairement entre partenaires d’âge ou de condition similaire. Cela facilite la détection d’une fatigue ou d’une baisse de forme, encourage la discussion et incite à consulter ou à faire un check-up si besoin. Ce filet collectif, beaucoup n’en disposent pas dans une vie sédentaire.
D’un point de vue strictement physique, le golf ne ménage pas ses adeptes : on arpente souvent des parcours accidentés, certains portent leur sac et avalent sept à huit kilomètres par partie. Les mouvements répétés, swing en tête, font travailler nombre de groupes musculaires avec modération, ce qui élargit l’accès à presque tous.
Côté mental, les retombées sont tout aussi réelles : se concentrer, respirer, garder la maîtrise de ses émotions, tout cela s’apprend sur le terrain. Coordination, équilibre, gestion émotionnelle, respect de l’autre : chaque partie développe ces compétences, et le fait de jouer avec des proches ou des inconnus resserre les liens sociaux et ouvre de nouveaux horizons.
La santé ne se limite pas à la disparition des symptômes ; bien-être psychique, forme du corps et intégration sociale se conjuguent pour former l’équilibre recherché. Face au vieillissement démographique et à la montée de la sédentarité, cet équilibre s’impose comme un enjeu partagé pour toute la collectivité. Un corps qui bouge, un esprit éveillé : voilà en toile de fond la dynamique que toute société cherche à insuffler.
Golf et santé : ce que disent les études
Le monde universitaire s’est largement penché sur le golf, son ancrage universel et la variété de ses pratiquants en faisant un terrain d’étude fécond. En Suède, une grande enquête menée dès 2008 établit que les golfeurs réguliers gagnent en moyenne cinq années de vie supplémentaires par rapport au reste de la population. Profils équivalents, âges et répartition démographique similaires : la différence réside dans l’activité. Le taux de mortalité chute de 40 % parmi les joueurs.
Le marcheur, au golf, parcourt 6 à 7 kilomètres en quatre ou cinq heures, un combo salutaire pour le système cardio-vasculaire et le maintien articulaire. Ce rythme contribue à garder la ligne, à oxygéner les tissus et à maintenir un bon équilibre corporel.
Le risque de blessure reste limité. Moyennant un échauffement approprié, chacun peut s’y adonner, jeunes ou seniors, sportifs accomplis ou novices,, alors que bien des activités exposent à davantage d’accidents.
Grâce au mouvement répété du swing, de nombreux muscles sont sollicités : dos, épaules, bassin, poignets, jambes, abdominaux… Pas moins de 17 groupes musculaires participent à chaque coup, selon une étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine. Cette diversité de gestes accroît la force, la coordination et la souplesse.
L’équilibre, incontournable sur un parcours vallonné, s’améliore au fil des parties. Certaines recherches avancent même que le golf, pour cette dimension précise, surpasse des disciplines comme le taï-chi auprès des plus âgés. Ce travail précis de la proprioception s’avère précieux pour prévenir les chutes et conserver une autonomie durable.
Le cerveau, quant à lui, reste sollicité en continu : chaque coup exige de planifier, d’évaluer et d’anticiper. La réflexion, la gestion du stress, le développement du sens stratégique occupent une large place, autant d’atouts pour repousser le déclin cognitif.
Les interactions sociales, loin de se réduire à des formules de politesse au départ ou au 19e trou, se tissent au fil de la partie. Discuter, rencontrer de nouveaux partenaires, rompre l’isolement, se soutenir dans la progression : de nombreux travaux montrent que le golf contribue à protéger du sentiment de solitude ou de la déprime.
Un stress peut apparaître lors de la compétition, mais le cadre apaisant du parcours incite à canaliser cette tension. Le plaisir de s’appliquer, d’observer ses progrès, de profiter de l’instant : voilà l’énergie positive dégagée par cette discipline exigeante, à mille lieues de la morosité.
Le cœur tire aussi son épingle du jeu. Marcher deux à trois fois par semaine sur un parcours améliore la santé cardiovasculaire, réduit le cholestérol, régule la tension et agit comme un bouclier contre le diabète. Ce dernier concerne plus de 9 % de la population canadienne et pèse lourdement sur les dépenses publiques chaque année.
Pour mieux cerner l’impact économique et social du golf, quelques chiffres frappants :
- En 2011, 56 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus vivaient avec au moins une maladie chronique.
- Ces maladies engloutissent 58 % des dépenses de soins chaque année, soit 68 milliards de dollars.
- En ajoutant l’absentéisme et la baisse de productivité, la facture grimpe à 190 milliards par an.
Les coûts se rapprochent alors du total des dépenses nationales de santé constatées pour l’année 2013. Face à cela, le golf apparaît comme une porte d’entrée pratique vers de nouvelles habitudes et la préservation du capital santé.
Chacun compose avec ses contraintes et ses envies. Le golf, avec sa palette d’atouts, s’impose comme une option complète : activité physique rythmée, stimulation cognitive constante, dimension sociale forte. Huit grandes raisons de lui donner une chance, preuves à l’appui. Le fairway sera peut-être, pour beaucoup, le point de départ d’un nouvel équilibre de vie.

